
Date de publication: 11 mars 2026 / Agriculture / Author : ATH Sokren
Le ministre de l’Industrie, des Sciences, des Technologies et de l’Innovation, Hem Vandy, a salué jeudi 19 février 2026 le modèle Confirel-PPM comme un exemple de modernisation industrielle adossée aux savoir-faire agricoles khmers, lors d’une visite des lignes de production de l’entreprise et du laboratoire Labiocert à Chom Chao, Phnom Penh.
Une visite pour mesurer le potentiel industriel
Accompagné de responsables techniques du ministère – industrie, sciences et innovation, laboratoire national, PME et artisanat, méthodologie et centre de productivité –, le ministre est venu prendre la mesure des progrès du secteur privé et écouter ses besoins afin de mieux accompagner le développement des produits locaux.
La délégation a été accueillie dans le showroom de Confirel par le Dr Hay Ly Eang, président du groupe PPM-Confirel, avant la projection d’un film de présentation de l’entreprise.
Confirel, du Thnot « arbre des pauvres » à filière d’avenir
Dans son exposé, le Dr Hay a rappelé que la mission de Confirel est de faire des produits ancestraux le moteur d’une industrie nationale moderne, en partant du sucre de palmier Thnot.
« Nous avons commencé avec le Thnot, arbre symbole de notre pays. Autrefois considéré comme l’arbre des pauvres, il peut devenir l’arbre des riches », a-t-il souligné, en rappelant que le sucre de Thnot de Confirel a obtenu la médaille d’or à Nat-Expo 2005 à Paris et a été distingué par les Great Taste Awards et le Guide Michelin.
Selon lui, la valeur potentielle de la matière première Thnot est de 600 millions de dollars, mais à ce jour seuls 5 millions sont réellement captés, faute de producteurs en nombre suffisant et en raison de la dureté et des risques de ce métier.
Pour sécuriser et faciliter le travail des palmiers-tappers, Confirel développe une « moto Thnot » destinée à augmenter la productivité et la sécurité, projet pour lequel le Dr Hay a sollicité l’appui du ministère, le marché étant déjà en situation de demande supérieure à l’offre.
Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer la production de poivre, notamment celui de Kampot, Mondulkiri, Kampong Cham et Kampong Thom, afin de répondre à une demande internationale forte, en appelant à un soutien technique de l’État pour intégrer plus rapidement les nouvelles technologies.
Labiocert, futur laboratoire de référence
Créé initialement pour les besoins internes de PPM et Confirel, le laboratoire Labiocert s’est structuré pour répondre aux normes internationales et garantir la qualité et la sécurité des produits du groupe, tout en inspirant confiance aux consommateurs étrangers.
Avec la modernisation de ses équipements et de ses ressources humaines, Labiocert prépare aujourd’hui un dossier pour obtenir la certification ISO, première étape pour ouvrir largement ses services de contrôle qualité au reste du marché cambodgien.
Le ministre Hem Vandy a encouragé le laboratoire à demander également un certificat d’« Accreditation Body » reconnu par le ministère, en vue de devenir un laboratoire officiel de référence pour l’analyse alimentaire.
« Nous avons besoin d’un laboratoire officiel de référence. Si Labiocert obtient la certification ISO, déposons une candidature conjointe pour qu’il devienne un laboratoire officiel », a-t-il indiqué, en soulignant que toutes les entreprises pourraient alors faire analyser leurs produits dans ce cadre reconnu par l’État.
Marchés internationaux et obstacles administratifs
Confirel exporte déjà vers des marchés à fort pouvoir d’achat comme le Japon, la Corée du Sud, la France ou le Vietnam, soit un potentiel de plus de 500 millions de consommateurs, avec des produits bénéficiant de brevets internationaux, notamment sur le Prahok de marque Confirel.
Observée par des partenaires japonais depuis 2022, l’entreprise a vu en 2025 la signature d’un accord de distribution dans 70 points de vente au Japon, avec un objectif de 400 emplacements cette année, dont 50 dans les centres commerciaux AEON.
Le Dr Hay a illustré ce potentiel en citant le marché mondial de la pizza, estimé à 2 400 millions d’unités, sur lequel il n’existe pas encore de « pizza au Prahok » : capter ne serait-ce que 0,001 de ce marché rapporterait un revenu substantiel et durable au Cambodge, tout en incitant à protéger l’écosystème du Tonlé Sap, présenté comme une « immense usine verte ».
Il a toutefois dénoncé des barrières administratives qui freinent les exportations, comparant la situation aux voyages des personnes : « Un humain muni d’un passeport et d’un visa peut voyager, mais pour un médicament, il faut encore demander des autorisations, même en cas de commandes. »
Face à la sophistication croissante des exigences, il a appelé le ministère à davantage de souplesse pour s’adapter à l’évolution rapide des marchés mondiaux, estimant que « l’État et le secteur privé doivent mieux se comprendre ».
Le ministre salue un modèle de modernisation industrielle
À l’issue de la présentation, Hem Vandy a rendu hommage à la vision de Confirel, qui conjugue héritage des ancêtres, réputation du pays et exigence de qualité.
Il a rappelé que la feuille de route du gouvernement pour le 7ᵉ mandat place la modernisation de l’industrie au cœur de la stratégie, non seulement via les machines, mais aussi par la formation professionnelle, la technologie et l’augmentation de la productivité pour soulager le secteur agricole.
« La modernisation de l’industrie est une grande mission de notre ministère, et je suis heureux de voir une entreprise khmère contribuer à la croissance économique de ce secteur », a-t-il déclaré, en encourageant PPM-Confirel dans ses projets d’investissement.
Pour lui, le passage à l’échelle de PPM-Confirel suppose un appui aux petites entreprises de la chaîne de valeur, afin de structurer un réseau de fournisseurs et de renforcer la création de valeur ajoutée.
Concernant la « moto Thnot », il a jugé l’idée prometteuse et indiqué que le secrétariat d’État à l’Industrie est prêt à soutenir le projet sur les volets technique, sécurité et innovation.
Le ministre a enfin invité Labiocert et le ministère à travailler main dans la main, en mutualisant équipements et compétences pour bâtir un dispositif national de contrôle qualité alimentaire sans investissement supplémentaire.
Le Dr Hay a accueilli avec enthousiasme ces convergences de vues, estimant qu’« après 30 ans d’efforts, ce chemin s’avère le bon » et qu’il convient désormais de le poursuivre ensemble.